Aux masques citoyens 29/11/2020

Nous étions nombreux à marcher ensemble hier pour notre liberté…

Et c’était beau d’une certaine façon de voir le peuple sortir enfin pour exprimer son désaccord avec cette loi de sécurité globale. Et à Tours (où je me trouvais) c’était tranquille et plutôt joyeux. Pas d’uniforme, pas de sentiment anxiogène et un beau soleil. Il n’y avait pas de blackblocs pour ajouter de la confusion à la confusion.

Mais il manquait quelque chose d’incroyable. Il manquait la rage et les sourires étouffés sous les masques.

Nous marchions pour notre liberté mais ce masque n’était pas au menu.


Il n’était pas un sujet.

Il n’était pas un sujet alors même que le passage à tabac de ce producteur parisien, élément déclencheur de l’ampleur de la manifestation, avait été provoqué par le fait qu’il ne portait pas de masque dans sa rue déserte du XVIIème arrondissement. (outre le racisme évident des policiers bien sur). Mais ce petit détail, personne n’en a parlé.

Ce masque que nous avons adopté en quelques mois sans que cela nous incite à sortir marcher ensemble. Vous savez pourquoi nous l’avons adopté? Parce que nous avons été frustré au moment du choc du mois de mars, lorsqu’on nous disait qu’il n’était pas utile alors que nous savions que c’était juste une incapacité du gouvernement à en fournir (confusion...), créant ainsi une sorte de révolte à ne pas pouvoir accéder au Graal du bâillon sauveur. Et quand nous ne l’attendions plus, il est arrivé sur son cheval blanc, tel un sauveur et enfin, nous avons pu remplir le vide qui nous habitait. Nous avons pu montrer au monde notre contribution au bien commun, rien qu’en mettant, avec nos mains dégoutantes, notre masque de tissu.

Ce masque est un pervers qui ne se cache même plus.

Il est l’outil de propagande le plus sournois que l’on ait inventé.

Si l’on est en désaccord avec le port de cette abjecte muselière (pour toutes les raisons possibles et valables auxquelles je pense), et que l’on souhaite être en accord avec soi-même, on est littéralement démasqué.

Les dissidents sont montrés du doigt, les dissidents sont rappelés à l’ordre par les citoyens eux-même, les dissidents sont verbalisables.

Alors que même des études de plus en plus nombreuses démontrent l’inefficacité de cette mesure et au contraire, tendent à démontrer sa toxicité, notre cerveau totalement rincé, épuisé, vidé a consenti à ce nouveau diktat.

J’ai vu en marchant hier une belle Marianne peinte avec les yeux bandés. C’est vrai que l’on veut nous bander les yeux en nous empêchant de filmer les bavures policières…

Après nous avoir bandé la bouche on nous bande donc les yeux...

Je ne vais pas développer au delà ma pensée aujourd’hui.

Mais c’est ce que je ressens en me réveillant ce matin.

Cette immense tristesse de comprendre qu’en détournant notre attention vers cette loi extrêmement dangereuse et inquiétante et bien nous continuons à donner notre consentement pour notre propre emprisonnement. Aujourd’hui ce sont les masques citoyens… Demain, que devrons-nous faire pour porter allégeance à notre nation?

Belle journée

Claire-Lise Deront

Guerrière pacifique

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